PUY DE SANCY – LE GRAND
- angelogeorge988
- il y a 1 jour
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L'été 2021: le moment est venu d'aller à la découverte du plus grand des «Puys», le plus grandiose, le plus impressionnant. Celui que nous allions surnommer «Le Grand»: le Puy de Sancy, qui culmine à 1 885 mètres d'altitude.

Ses noms
Les habitants des communes avoisinantes y effectuaient le 6 août le pèlerinage annuel en l'honneur de saint Sixte (pape de 257 à 258). Vers 1786, on prit ainsi l'habitude de dire qu'on allait au Puy de Saint-Sixte; prononcé «Pè de San Chi» dans le dialecte local, il est devenu «Sancy» lors de son passage en français. Auparavant, le sommet s'appelait Mondor ou Mont Dor, en référence au domaine nobiliaire dans lequel il se trouvait. Ce nom est aujourd'hui porté par une commune située au pied de la montagne.

C'est donc pour découvrir cette merveilleuse montagne que nous y sommes partis en août 2021, une fine équipe à l'assaut de la montagne. «Nous»: moi, Irina, ma femme, et nos enfants, Radu (le grand) et Vlad (le petit).

Puy de Sancy: entre géographie et réalité du terrain
D'un point de vue géographique, le Puy de Sancy est le sommet éponyme. Mais tout le monde, habitants et touristes confondus, s'accorde à dire que le Puy de Sancy est bien plus que cela: c'est toute la crête qui s'étend autour de la commune du Mont-Dore.

La géologie leur donne raison, car le Puy de Sancy est le point culminant de l'activité volcanique des monts Dore, qui a donné naissance à quatre montagnes volcaniques, dont celle-ci. Sa mise en place s'est produite il y a entre 5 et 0,2 million d'années, période au terme de laquelle il a vraisemblablement atteint une altitude de 2 500 mètres.

Des éboulements massifs se sont produits par la suite, puis l'érosion, notamment glaciaire, a achevé de façonner le sommet. Il se présente aujourd'hui sous la forme d'un cône aplati constitué d'une roche appelée trachyandésite. Les géologues l'appellent également «sancyite», en référence à la renommée de l'ensemble montagneux volcanique que tout le monde connaît sous le nom de «Puy de Sancy». Il est très prisé des amateurs de randonnée pour ses sentiers de diverses longueurs et difficultés, mais surtout pour ses paysages magnifiques.

Avec et sans brouillard
Le troisième jour de nos vacances, nous nous sommes donc présentés au parking du pied du Sancy pour le gravir; en préambule, nous nous étions bien échauffés lors des deux premiers jours (une histoire racontée dans « Les cascades du Sancy »). Malheureusement, en descendant de notre voiture, nous sommes tombés sur un très beau… brouillard.

Têtus et optimistes, nous n'avons pas renoncé pour autant et avons pris le téléphérique pour atteindre le sommet. Nous espérions que, une fois arrivés là-haut, nous serions au-dessus des nuages et du brouillard. En quelques minutes, nous avons parcouru plusieurs kilomètres et environ 400 mètres de dénivelé. Mais à la fin, surprise: il ne nous a pas déposés au sommet du Puy de Sancy, mais au pied d'un long escalier qui nous rappelait «l'Escalier vers l'Infini» de l'année dernière (une histoire racontée dans «Puy de Pariou: le Magnifique»). Celui-ci était encore plus grand: 864 marches contre 555 pour l'autre, et sur une dénivelée de plus de 100 mètres.

«Pas de souci», nous nous sommes dit! Bien préparés et reposés, nous commençons à avancer avec assurance et comprenons vite que l’ascension sera plus facile: les marches sont plus grandes et plus longues que dans l’autre escalier, ce qui permet de les monter plus facilement. Nous étions têtus, mais le brouillard l'était tout autant: il ne voulait pas nous laisser en paix, pas même au sommet de la montagne. Alors, nous avons pris de très belles photos de nous et… du brouillard!

Une fois la séance photo terminée, nous avons pris le chemin de la Super Besse. Notre objectif était d'atteindre le pic «Gros», situé à environ 1,6 kilomètres du Sancy. Attention, il est indiqué «Puy Gros» sur les cartes, mais les habitants nous ont fermement conseillé de ne pas l'appeler ainsi. Pourquoi? La réponse est simple: «Ici, il n'y a qu'un seul Puy: le Puy de Sancy», nous ont-ils dit.

Il est dit que la chance favorise les courageux. C'est vrai: peu de temps après, le brouillard a commencé à se dissiper, illuminant nos visages. Des merveilles se sont alors offertes à nos yeux: des vues sur les environs, notamment sur la vallée de la Fontaine Salée et son lac, magnifique même quand on le contemple de loin.

Nous avons trouvé que le trajet fut facile, sans difficulté technique: il s'agissait d'une simple balade sur un sentier principalement en terre, avec très peu de pierres sur le chemin, et aucun bloc de rocher à gravir ou à contourner. On aurait même pu plaisanter en disant qu'il y avait plus de pierres dans la pyramide qui marque le sommet que sur le chemin.

Un événement malheureux nous a rappelé que la montagne reste la montagne. Il faut donc respecter ses règles en toutes circonstances: l'attention doit être de mise à chaque pas sur ces chemins. La femme d'un couple qui nous précédait en a fait l'amère expérience: elle a glissé et s'est luxé ou entorsé une cheville. Nous sommes restés à leurs côtés un moment, lui prêtant des vêtements pour qu'elle reste au chaud. Incapable de continuer la route, même avec de l'aide, elle a dû être héliportée par un hélicoptère de la gendarmerie de montagne et transportée à l'hôpital pour y subir des examens plus poussés.

Le retour au parking s'est fait en empruntant l'une des pistes de ski qui descendent du sommet: un chemin bien caillouteux. Nous regardions toujours vers la crête opposée, qui sera notre prochain objectif de randonnée. Vlad a même plaisanté en inventant une nouvelle règle: il faudrait marcher en orientant un œil vers le bas pour voir où poser le pied et l'autre vers les hauteurs pour admirer les beaux paysages.

Le «trajet long»
Le lendemain, nous nous sommes aventurés sur ce que nous avons surnommé le «trajet long»: celui qui va du Puy de Sancy, plus précisément de la gare de son téléphérique, jusqu’à la Grande Cascade, puis en descendant dans la localité de Mont-Dore. Un parcours de près de 9 kilomètres avec une dénivelée positive (en montée) d'environ 300 mètres et une dénivelée négative (en descente) de 1 000 mètres. Le sentier parcourt toute la crête entre le Puy de Sancy et la Grande Cascade.

Pour atteindre le point de départ, nous avons emprunté le téléphérique qui nous avait promis une vue magnifique pendant qu'il nous portait à grande vitesse vers les hauteurs. La promesse a été tenue: nous avons pu admirer des merveilles créées par la nature volcanique (!) de la montagne. Ces images d'une grande beauté nous ont accompagnés pendant que nous montions l'escalier dont nous avons déjà parlé précédemment, celui qui mène au sommet.

Le parcours du jour était réputé pour être le plus long et le plus difficile du massif. Après l'avoir effectué, nous pouvons confirmer qu'il est effectivement long. En revanche, pour ce qui est de la difficulté, il faut nuancer. Ne vous attendez pas à des «difficultés» telles qu'on peut en rencontrer dans les Alpes: pas de sentiers couverts de pierres sur lesquelles marcher, pas de blocs rocheux à escalader pour progresser. Le Puy de Sancy est toutefois une montagne volcanique dont les sentiers sont principalement en terre et dont le sol est sujet à l'érosion, ce qui rend leur protection nécessaire.

Cela n'empêche pas que, pour une montagne volcanique, notre parcours présente suffisamment de difficultés: des montées et des descentes plus ou moins abruptes, des passages parsemés de pierres, voire un passage bien fourni en rochers qui demande beaucoup d'attention, mais aussi une certaine agilité pour le gravir, le gravir, pour la plus grande joie de nos enfants. Plus tard, en consultant les cartes, nous avons découvert que c'était le célèbre Roc du Cuzeau, qui culmine à 1 737 mètres.

En continuant notre chemin, une formation rocheuse étrange nous a dit: «Bonjour. Ça va?» nous a-t-elle demandé. Nous l'avons d'abord prise pour une construction artificielle. Après l'avoir observée de plus près, nous avons compris qu'elle n'avait rien à voir avec l'homme, mais avec la nature. Il s'agit très probablement d'une survivante d'une éruption volcanique passée, conséquence d'une retombée de pierres expulsées en même temps que la lave par un volcan. Un témoignage en pierre qui prouve que la nature est parfois capable de créer des œuvres qui feraient pâlir d'envie un sculpteur renommé.

À mesure que l'on s'approche de la Grande Cascade, le relief devient moins escarpé et plus paisible. La végétation, réduite à des herbes sur les crêtes, laisse maintenant place à des buissons et à de petits arbres qui apparaissent timidement. On y trouve même un escalier avec des marches aménagées sur une pente plutôt abrupte, ce qui facilite la progression et évite les glissades. Les belles vues sur les crêtes environnantes et sur la ville en contrebas sont légion, un enchantement pour les yeux, un baume pour le cœur.

La Grande Cascade est vraiment fantastique, impressionnante; une véritable œuvre d'art de la nature. Nous y avons passé un moment agréable à l'admirer et à l'écouter, émerveillés par sa majesté autant que par le bruit qu'elle produit: un son puissant et rugissant, mais aussi apaisant. Une telle merveille que seule la nature est capable de produire (une histoire racontée dans «Les Cascades du Sancy»).

Nous avons ensuite lentement redescendu vers la ville. Ce n'était pas à cause de la fatigue, mais parce que nous ne voulions pas nous séparer trop vite de cette magnifique montagne et de sa cascade rugissante.

Du Capucin à Sancy
Pour notre dernière randonnée dans le magnifique massif du Puy de Sancy, nous sommes partis de la gare du «Funiculaire du Capucin». Ce remarquable chef-d'œuvre de la fin du XIXe siècle, classé monument historique en 1984, incarne parfaitement le charme de la Belle Époque.

Ce petit train, qui est un véritable chemin de fer à câbles, est toujours en service. Il grimpe à flanc de vallée à la vitesse d'un mètre par seconde, ce qui peut sembler rapide et vertigineux, mais reste parfaitement sûr. C'est le plus ancien funiculaire électrique de France; il était donc respectueux de l'environnement avant même que l'écologie ne soit à la mode! Admirez le style Art déco de la gare de départ ainsi que les grandes roues crantées évoquant «Les Temps modernes» de Charlie Chaplin dans la salle des machines de la gare supérieure.

Cette fois, l'équipe est composée uniquement d'hommes, car Irina a choisi de ne pas nous accompagner. Elle a en effet préféré rester et se reposer en vue de la dernière randonnée de nos vacances, celle de demain, qui nous mènera au sommet de la Banne d'Ordanche (une histoire racontée dans «La Ville et la Montagne»). Vu le brouillard et le vent qui se sont abattus sur nous une fois que nous avons passé le Capucin, c'était une décision sage.

Depuis la gare du funiculaire, il faut compter environ 20 minutes de marche pour atteindre le Salon du Capucin. Une ramification du sentier principal nous mène ensuite au pic du Capucin, situé à 1 468 mètres d'altitude et accessible après une montée d'environ 100 mètres de dénivelé.

Bien sûr, cette montée nous a demandé un certain effort physique. Mais cela en vaut la peine: on y découvre une vue imprenable sur la ville d'en bas ainsi que sur la crête de Sancy et ses magnifiques formations rocheuses.

En bref, nous avons fait un échange: un petit effort contre des merveilles visuelles. Un troc dont nous sommes sortis gagnants. Nous en avions grand besoin, car la suite fut… compliquée. Le brouillard nous est tombé dessus lorsque nous avons commencé l'ascension du Puy de Cliergue (1 691 mètres), sur un chemin de pierre protégé par des palissades en bois contre les éboulements et les glissements de terrain. Il était si dense au niveau du Tour Carré, à 1 746 mètres d'altitude, que nous n'en avons vu qu'une forme vaguement pyramidale. Arrivés au Pas de l'Âne, nous avons décidé de ne pas poursuivre vers le Puy de Sancy, mais de prendre le chemin de la descente vers la ville.

Nous avions prévu de faire une balade pour parcourir, découvrir et admirer la crête du Capucin au Puy de Sancy, avec ses magnifiques créations de la nature que nous avions tant admirées sur les photos, et un peu de loin, lorsque nous étions sur le Capucin. Mais la météo capricieuse nous les a cachées, nous offrant en échange du brouillard et un vent fort. Ce qui aurait dû être une randonnée prenante, mais agréable, s'est transformé en une épreuve d'endurance. Nous aurions pu faire demi-tour, abandonner, mais nous avons choisi de continuer. La montagne, ce n'est pas seulement des sommets baignés dans le soleil et des pentes couvertes d'une neige d'une blancheur éclatante. La montagne, c'est aussi la pluie, le vent, le brouillard, une météo défavorable.

Et quand on l'aime, comme nous l'aimons passionnément, on l'aime dans toutes ses manifestations. Lorsque notre randonnée de la journée s'est terminée, nous avons jeté un dernier regard vers elle en lui disant: «Merci beaucoup, très chère Puy de Sancy, pour toutes les merveilles que tu nous as fait découvrir et pour tous les moments que nous avons passés ensemble.»




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