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L’IA «ÉTHIQUE»: OU «RESPONSABLE»

il y a 2 heures
3 min de lecture

L'IA «éthique» respecte un ensemble de principes, de valeurs et de règles garantissant que son développement et son utilisation sont justes, transparents, sûrs et respectueux des droits humains. Plus de détails sur le site de l’ISO (Organisation internationale de normalisation), qui a fait rédiger la norme «IA responsable». Et pour être sûrs que rien n'est oublié, ils ont délégué la rédaction de la description à une IA. Le résultat: un texte dans la magnifique langue de bois, marque de fabrique de l’IA.



De l'inconnu à l'acceptation universelle

Le concept d'«IA éthique» (ou «responsable», c'est la même chose) fait son apparition en 2025 et devient tendance. Anthropic a voulu positionner Claude comme tel afin de mieux concurrencer son principal rival, ChatGPT d’OpenAI. Une fois la voie ouverte, l'idée que toute IA devrait être «éthique/responsable» s'est imposée dans le débat public. Elle est reprise maintes fois, partout et par presque tout le monde, même par le pape Léon XIV dans l’encyclique Magnum Humanitatis, et devient un incontournable. Chaque entreprise d'IA vante désormais le caractère «éthique/responsable» de sa technologie, soutenue par des légions d'«influenceurs» et d'«experts» dans les médias et sur les réseaux sociaux. Une exception notable: Musk et son IA, Grok, soit par esprit de fronde, soit pour ne pas salir sa réputation.


La tricherie

Sur le papier, il y a nombre de l'IA «responsable». La réalité est un peu plus… compliquée.

Les entreprises d'IA fournissent des efforts pour créer des versions de l'IA qui répondent davantage à cette norme. Les résultats sont toutefois peu concluants, en partie à cause des contraintes économiques: la mise en place de filtres moraux pour sélectionner les données utilisées pour entraîner les IA, ainsi que l'installation de barrières et de garde-fous pour empêcher une utilisation malveillante, est coûteuse. Et plus ils sont sophistiqués, plus ils sont coûteux. D'autant plus que cela entre en conflit avec l'intérêt et la nécessité même de «fidéliser» les clients qui utilisent l'IA et d'en attirer de nouveaux. Pour y parvenir, les IA doivent se montrer moins critiques et plus permissives envers les utilisateurs, à l'image d'un subordonné qui répond toujours «oui, chef» et exécute tous les ordres, même quand la demande frôle davantage l'illégalité que la légalité.


La solution

Solution trouvée par les dirigeants des entreprises d'IA: beaucoup de mots et peu d'actions.

En bref, les entreprises d'IA doivent concilier deux positions pas toujours compatibles: créer des IA «éthiques/responsables» qui soient, dans le même temps, disposées à faire (presque) tout ce que l'utilisateur leur demande. Pour s'en sortir, les entreprises d'IA ont choisi d'affirmer haut et fort qu'elles mettent en place des solutions techniques répondant à des normes éthiques et de responsabilité de plus en plus strictes. En réalité, elles n'ont fait que le minimum syndical. Leurs dirigeants se sont crus malins en pensant que tout le monde les croirait sur parole. Grosse erreur: les utilisateurs ont pour la plupart compris que tout n'est que mots et très peu de choses dans les faits. Et il y a déjà eu plusieurs situations où des IA ont été utilisées à des fins illégales. Mais tout cela est rapidement enfoui dans les tréfonds d'Internet dès qu'il apparaît.


La leçon à retenir

Les entreprises d'IA vont lancer de nouvelles IA et des versions améliorées de celles déjà existantes, qu'elles présenteront comme étant de plus en plus «éthiques/responsables». Elles sont comme telles en théorie, sur le papier et dans les travaux des divers scientifiques et/ou experts en IA qui, soit ont des intérêts dans le domaine, soit se laissent duper. Duper par des données scientifiques qui montrent monts et merveilles dans les laboratoires, mais qui, sur le terrain, dans la réalité des faits, ne veulent rien dire. En effet, loin d'être cet instrument magique, l'IA est et restera pendant longtemps un outil qui peut être utilisé à mauvais escient, pourvu qu'on parvienne à contourner les protections mises en place pour l'en empêcher. Bref, une IA est «responsable» dans la mesure où les utilisateurs acceptent de l'utiliser de manière «responsable». Soient-ils été convaincus par divers acteurs, soit ils sont contraints par l'État de le faire.

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