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TRADITIONS MĀORI: HONGI ET HĀNGI

Le «Hongi» est la salutation traditionnelle māori qui consiste à approcher son front et son nez de ceux de son interlocuteur, dans un geste calme et solennel. Il symbolise l'échange du «ha», le souffle de vie. Le «ha» est un concept essentiel de la culture māori, lié à l'idée d'existence, d'esprit et de continuité. Grâce au Hongi, l'invité cesse d'être un «manuhiri», un étranger, et devient, ne serait-ce que pour un instant, un membre de la «tangata whenua», de la communauté. Autrement dit, il devient, ne serait-ce que pour un moment, un Māori. Ce geste exprime le respect, l'égalité et des intentions pacifiques. Il est bien plus qu'une simple salutation: c'est un rituel qui relie les gens entre eux et à leurs ancêtres.


Le salut de la vie

La tradition du Hongi trouve ses racines dans la mythologie māori. Selon la légende, le dieu Tāne Mahuta aurait créé la première femme, Hineahuone, en soufflant son souffle dans ses narines. Depuis, le contact des nez et des fronts est devenu le symbole du partage de la vie et du lien entre les êtres humains. Dans de nombreuses légendes māori, l'échange de souffle entre les personnes symbolise également la transmission du pouvoir spirituel ou de la protection ancestrale. On dit par exemple qu'un Hongi avec un chef de tribu ou un tohunga (prêtre rituel) peut apporter chance et bénédiction à celui qui le reçoit.


Dans la pratique, le Hongi est surtout utilisé dans des contextes cérémoniaux, notamment lors du «pōwhiri», la cérémonie officielle d'accueil sur le «marae», la cour de la communauté. Cette cérémonie comprend des discours, des chants, des Hakas et l'échange du Hongi, qui permet aux invités d'être symboliquement intégrés à la communauté. Il peut également être utilisé lors de réunions formelles ou d'événements culturels importants, comme l'inauguration d'une école ou d'un musée, ou l'accueil d'invités de haut rang. Dans ces situations, ce geste sert non seulement à saluer, mais aussi à affirmer l'égalité et le respect mutuel.


Le Pōwhiri est une cérémonie māori formelle de bienvenue qui comprend des discours, des représentations culturelles, des chants et enfin le Hongi. Le terme Pōwhiri désigne également un chant-incantation de bienvenue spécifique, parfois incorporé dans la cérémonie portant le même nom.
Le Pōwhiri est une cérémonie māori formelle de bienvenue qui comprend des discours, des représentations culturelles, des chants et enfin le Hongi. Le terme Pōwhiri désigne également un chant-incantation de bienvenue spécifique, parfois incorporé dans la cérémonie portant le même nom.

Pour effectuer correctement un Hongi, il faut rapprocher doucement le front et le nez de l'autre personne, sans précipitation ni frottement, juste avec un léger contact. Il est recommandé d'établir un contact visuel ou de marquer une pause silencieuse, afin de souligner la solennité du geste. Accepter le Hongi est un signe de respect envers la culture māorie, mais aussi une marque de volonté d'établir une relation basée sur la confiance et l'ouverture.


Lors de sa cérémonie d'investiture, la gouverneure générale, Dame Patsy Reddy, échange un Hongi avec le kuia, Hiria Hape.
Lors de sa cérémonie d'investiture, la gouverneure générale, Dame Patsy Reddy, échange un Hongi avec le kuia, Hiria Hape.

Les légendes et les contes traditionnels māori confèrent une dimension supplémentaire à ce geste. Dans la tribu Ngāi Tahu, par exemple, le premier Hongi avec le chef de la communauté protège les visiteurs pendant toute la durée de leur séjour. D'autres récits évoquent la réconciliation de frères en conflit depuis des années grâce au Hongi, preuve du pouvoir du rituel à apaiser les tensions et à resserrer les liens humains.


Dans l'Ile du Nord, les anciens racontent que le premier Hongi avec le chef spirituel de la communauté scelle un «pacte de paix» qui dure toute une vie. Certaines légendes moins connues évoquent même des Hongis entre les hommes et les esprits protecteurs. Un geste qui symbolise le respect de la nature et des ancêtres.


Un Hongi avec Princess Diana.
Un Hongi avec Princess Diana.

Le hongi est un salut traditionnel māori en Nouvelle-Zélande

Ainsi, le Hongi est bien plus qu'un simple geste de salutation. C'est un rituel complexe qui relie les gens entre eux et à leur communauté. Il transmet le respect, la protection et l'harmonie et permet de maintenir le lien spirituel avec les ancêtres. L'acceptation et la compréhension de cette tradition offrent aux visiteurs et aux jeunes générations une expérience culturelle authentique, tout en leur enseignant l'importance de la communauté, du respect et des liens humains profonds.



Hangi - la cuisine de la terre

Le Hāngī est une tradition culinaire māori ancestrale qui consiste à cuire les aliments dans un four creusé dans le sol et chauffé à l'aide de pierres. Cette méthode confère aux plats un goût fumé et terreux unique et constitue un rituel social et culturel, bien plus qu'un simple mode de cuisson. Il reflète l'importance de la communauté et de la collaboration dans la culture māori, ainsi que le lien profond qui unit les gens à la nature.



Le processus de préparation commence par creuser une tranchée ou un trou dans le sol, dans lequel on place de grosses pierres chauffées longuement au feu. La viande, le poisson, les patates douces et les légumes sont ensuite placés dans des paniers ou sur des feuilles, puis recouverts de terre afin de conserver la chaleur.


Les aliments cuisent ainsi lentement pendant plusieurs heures. La chaleur des pierres permet de cuire les ingrédients de manière uniforme tout en préservant leurs arômes naturels. Ils acquièrent ainsi une saveur distincte, propre à la cuisson traditionnelle dans la terre.


Le Hāngī est souvent préparé à l'occasion de réunions familiales, de festivals ou d'événements communautaires importants organisés dans les marae (la cour de la communauté) ou lors de fêtes culturelles. En participant à sa préparation et à son service, les gens font bien plus que préparer un repas et se nourrir. Ils renforcent également les liens sociaux, transmettent les traditions et partagent une expérience communautaire. Le Hāngī devient ainsi un rituel qui unit les générations et préserve les valeurs culturelles.



Parmi les exemples concrets, citons les festivals culturels en Nouvelle-Zélande, où les visiteurs peuvent assister à la préparation d'un Hāngī et déguster des plats traditionnels à base de poulet, d'agneau, de poisson, de kumara (patates douces) et de divers légumes, tous imprégnés de la saveur caractéristique de cette cuisson. Le Hāngī est donc bien plus qu'une simple expérience culinaire. C'est une véritable leçon sur la communauté, la patience et le respect des traditions.


Le lien entre les hommes, la nature et les ancêtres

Le Hongi et le Hāngī sont donc plus que de simples rituels. Ils sont l'expression profonde des valeurs māori: le respect de la communauté, de la nature et des ancêtres. Grâce au Hongi, les gens partagent le souffle de la vie et construisent des relations basées sur la confiance et l'harmonie. Grâce au Hāngī, la nourriture devient un lien social et spirituel, et le processus de cuisson collective renforce les liens communautaires et perpétue les traditions.


En apprenant et en respectant ces traditions, chaque participant se connecte non seulement aux personnes qui l'entourent, mais aussi au passé et à l'esprit de la terre qui nourrit la communauté. Ainsi, le Hongi et le Hāngī restent des symboles vivants de continuité, de solidarité et de respect dans la culture māorie, offrant des leçons précieuses pour toutes les générations. Et pour toutes les civilisations.

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